Avant de revenir aux études, j’ai passé plusieurs années au service à la clientèle. J’ai été à me rendre jusqu’à gérant de magasin pour une compagnie de télécommunication. Les employeurs commençaient de plus en plus à enlever la possibilité de travailler à distance et encourager les employés à travailler en hybride, et ce, même pour les emplois qui n’était pas nécessaire. À la recherche de la prochaine opportunité d’avancement au sein de l’entreprise, c’est là que j’ai réalisé qu’il n’y en avait aucune pour mon profil d’employé.
Problème #1 : Les limites de la mobilité professionnelle en région
Il n’y avait aucune possibilité d’avancement au sein de la compagnie dans la région. Puisque je suis à Sherbrooke et que je ne suis pas prêt à quitter la région, il aurait fallu que je me déplace 3 fois par semaine à Montréal, combinant 10 heures de déplacement par semaine non payé. Si la compagnie n’avait pas obligé à tout le monde de revenir à un mode hybride, les ressources humaines auraient définitivement pu prendre en considération mon profil. Le problème à ce stade est que la compagnie promeut beaucoup le développement de talent à l’interne, ce qui facilite le mentorat et l’accès à des opportunités dont nous n’avons normalement pas à cause des différents critères de sélection. Et comme vous pouvez l’imaginer, il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir à la fois changer d’entreprise et décrocher un poste supérieur à celui qu’il occupait auparavant.

Problème #2 : Le diplôme nécessaire
Même après plusieurs années et d’excellents résultats, je me suis rendu compte que l’absence de diplôme universitaire était un frein majeur pour accéder aux différentes opportunités qui m’intéressaient. Plusieurs postes exigeaient un baccalauréat, même si les compétences requises étaient déjà acquises par l’expérience et l’apprentissage autodidacte. Un candidat avec un diplôme était pratiquement toujours priorisé, et ce, même s’il n’avait pas d’expérience au sein de l’organisation. Ce constat m’a fait comprendre que, sans reprendre les études, j’allais plafonner dans ma carrière, peu importe la qualité de mon travail ou de mon engagement.
Problème #3 : Le réseau de contacts
Au-delà des diplômes et de l’expérience, j’ai aussi compris que le réseau jouait un rôle déterminant dans l’accès aux opportunités. Étant resté dans le même milieu professionnel et dans la même région pendant plusieurs années, mon cercle était limité. Je n’avais pas de contacts dans les différents départements et domaines vers lesquels je souhaitais me réorienter, ce qui rendait les transitions presque impossibles.
Sur le plan de la mobilité professionnelle, les études me permettent d’élargir mes perspectives sans avoir à quitter ma région. Le diplôme vient légitimer mes compétences, renforcer la crédibilité de mon profil auprès des employeurs et m’ouvre des portes auxquelles je n’avais pas accès auparavant. Reprendre les études, c’était aussi l’occasion de me créer un nouveau réseau grâce aux stages, aux professeurs ainsi qu’aux autres étudiants du programme. Ouvrir des portes que je n’aurais jamais pu atteindre autrement. Les études universitaires ne m’ont pas seulement apporté des connaissances : elles m’ont offert des moyens concrets de transformer ma trajectoire de carrière.